Flotter entre deux mondes : comment l’état d’esprit du Songeur transforme ton écriture

Illustration onirique d'un carnet ouvert posé sur un rebord de fenêtre, avec une lumière dorée et des particules de poussière en suspension dans l'air, évoquant l'état d'esprit rêveur et créatif du Songeur
Illustration de Chloé, rédactrice spécialiste de l'archétype des Songeurs

Cet article explore l'état d'esprit du Songeur, l'un des dix archétypes d'écrivains décrits dans le livre Écrivains, 10 façons d'exister. Il s'adresse aux auteurs qui vivent dans un entre-deux créatif, entre réalité et imaginaire, et qui doutent de la légitimité de leur processus rêveur. L'article pose un regard bienveillant et documenté sur cette posture créative : il nomme ses forces (vision poétique, capacité à insuffler du merveilleux dans le quotidien), ses pièges (abstraction excessive, manque d'ancrage concret), et propose des pistes pratiques pour écrire depuis cet espace intérieur particulier. Article rédigé par Chloé (illustratrice et Songeuse) dont le ton onirique et bienveillant saura vous charmer. L'Éditrysse vous souhaite une agréable lecture.

Illustration onirique d'un carnet ouvert posé sur un rebord de fenêtre, avec une lumière dorée et des particules de poussière en suspension dans l'air, évoquant l'état d'esprit rêveur et créatif du Songeur

Écrire entre rêve et réalité, ou l'art d'habiter deux mondes à la fois

Tu as déjà eu cette sensation ?
Être là, physiquement, une tasse de thé dans la main, les yeux posés sur la fenêtre, et pourtant… ailleurs. Complètement ailleurs. Dans un endroit qui n’a pas de nom,

pas d’adresse, pas de coordonnées sur aucune carte. C’est souvent là que tes meilleures phrases naissent. Dans ce flottement. Mais c’est aussi là que le doute commence à chuchoter.

Tu as déjà eu cette sensation ?

Être là, physiquement, une tasse de thé dans la main, les yeux posés sur la fenêtre, et pourtant… ailleurs.

Complètement ailleurs. Dans un endroit qui n’a pas de nom, pas d’adresse, pas de coordonnées sur aucune carte.

C’est souvent là que tes meilleures phrases naissent. Dans ce flottement.

Mais c’est aussi là que le doute commence à chuchoter.

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Quand ton esprit s'échappe, tu crois que tu ne travailles pas

Il y a cette culpabilité particulière, celle du Songeur. Tu regardes les autres écrivains, leurs méthodes bien huilées, leurs plans détaillés, leurs sessions d’écriture chronométrées, et tu te demandes si toi, tu fais vraiment partie de la même famille. Parce que toi, tu n’écris pas toujours quand tu écris. Parfois, tu rêves. Tu laisses ton regard glisser sur un rayon de lumière qui

traverse le rideau. Tu remarques la façon dont une poussière d’étoile tourne dans l’air, lentement, comme si elle cherchait quelque chose. Et pendant ce temps-là, quelque chose se construit en toi, quelque chose d’invisible, de non mesurable, de non quantifiable. Et tu te demandes si c’est sérieux… Je te réponds : oui. Plus que tu ne le crois.

Il y a cette culpabilité particulière, celle du Songeur.

Tu regardes les autres écrivains, leurs méthodes bien huilées, leurs plans détaillés, leurs sessions d’écriture chronométrées, et tu te demandes si toi, tu fais vraiment partie de la même famille.

Parce que toi, tu n’écris pas toujours quand tu écris.

Parfois, tu rêves. Tu laisses ton regard glisser sur un rayon de lumière qui traverse le rideau. Tu remarques la façon dont une poussière d’étoile tourne dans l’air, lentement, comme si elle cherchait quelque chose. Et pendant ce temps-là, quelque chose se construit en toi, quelque chose d’invisible, de non mesurable, de non quantifiable.

Et tu te demandes si c’est sérieux…

Je te réponds : oui. Plus que tu ne le crois.

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Le Songeur ne flotte pas, il habite un espace que les autres ne voient pas

Dans Écrivains, 10 façons d’exister, les Songeurs sont décrits ainsi : ils « flottent entre deux mondes, la réalité et l’imaginaire. Leur force réside dans leur capacité à insuffler du merveilleux dans le quotidien. » Pas entre deux néants. Entre deux mondes. Ce que tu traverses quand tu sembles distrait, ce n’est pas une absence. C’est une présence double. Tu vis dans le réel et simultanément dans

cet autre espace, plus souple, plus poreux, où les symboles ont du poids et où une brume peut raconter une histoire entière. Ton moteur, à toi, c’est de « dilater le réel par le merveilleux. » Dilater. Pas fuir. Pas effacer. Dilater, comme on écarte doucement un voile pour laisser passer quelque chose de plus grand. C’est une posture créative rare. Et souvent incomprise, y compris par toi.

Dans Écrivains, 10 façons d’exister, les Songeurs sont décrits ainsi : ils « flottent entre deux mondes, la réalité et l’imaginaire. Leur force réside dans leur capacité à insuffler du merveilleux dans le quotidien. »

Pas entre deux néants. Entre deux mondes.

Ce que tu traverses quand tu sembles distrait, ce n’est pas une absence. C’est une présence double. Tu vis dans le réel et simultanément dans cet autre espace, plus souple, plus poreux, où les symboles ont du poids et où une brume peut raconter une histoire entière.

Ton moteur, à toi, c’est de « dilater le réel par le merveilleux. »

Dilater. Pas fuir. Pas effacer. Dilater, comme on écarte doucement un voile pour laisser passer quelque chose de plus grand.

C’est une posture créative rare. Et souvent incomprise, y compris par toi.

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Ce flottement a un nom, et il n'est pas une faiblesse

On appelle parfois ça la rêverie. Comme si c’était anodin. Comme si ça voulait dire que tu n’étais pas là. Mais la rêverie du Songeur, c’est en réalité un état d’écriture. Tu accumules. Tu observes sans observer. Tu laisses des images s’installer, des émotions chercher leur forme, des histoires commencer à murmurer dans les espaces entre les choses. Le livre le dit clairement : ton essence est la « vision poétique. »

Tu « captes des fragments du monde que d’autres ne voient pas. » Ce rayon de lumière dans la poussière, ce chat qui fixe un coin de mur vide, cette conversation dont tu n’as entendu que la fin, les mains d’une vieille dame sur un banc, tout cela entre en toi comme la lumière entre dans une chambre obscure. Et quelque chose se révèle. Tu n’es pas distrait. Tu es en train de voir ce que les autres ont décidé de ne pas regarder.

On appelle parfois ça la rêverie. Comme si c’était anodin. Comme si ça voulait dire que tu n’étais pas là.

Mais la rêverie du Songeur, c’est en réalité un état d’écriture.

Tu accumules. Tu observes sans observer. Tu laisses des images s’installer, des émotions chercher leur forme, des histoires commencer à murmurer dans les espaces entre les choses. Le livre le dit clairement : ton essence est la « vision poétique. » Tu « captes des fragments du monde que d’autres ne voient pas. »

Ce rayon de lumière dans la poussière, ce chat qui fixe un coin de mur vide, cette conversation dont tu n’as entendu que la fin, les mains d’une vieille dame sur un banc, tout cela entre en toi comme la lumière entre dans une chambre obscure. Et quelque chose se révèle.

Tu n’es pas distrait.
Tu es en train de voir ce que les autres ont décidé de ne pas regarder.

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Mais le Songeur doit apprendre à poser un fil

Il y a un piège, et autant te le dire doucement : l’abstraction excessive. Quand tout devient nuage, quand le songe prend toute la place, le lecteur peut décrocher. Non pas parce que ton univers est trop beau, mais parce qu’il ne trouve plus de sol sous ses pieds. Le livre pose cela avec justesse : si tu n’offres pas d’ancrage concret, le lecteur se perd. Et « l’autre piège, c’est de t’enfermer dans une beauté qui ne dit rien au-delà de l’esthétique. » Ce n’est pas une critique. C’est une boussole. Ton merveilleux a besoin d’une racine, même légère,

même presque invisible. Un détail concret, une texture, un geste. Quelque chose qui permette au lecteur d’entrer dans ton monde sans perdre le chemin du retour. Pense à Gabriel García Márquez, à Lewis Carroll, à Neil Gaiman, ces Songeurs célèbres dont parle le livre. Leurs univers flottent, oui. Mais ils sont aussi ancrés dans des présences très précises, une chambre qui sent le tabac froid, une porte qui grince, une tasse de thé renversée. Ce sont ces détails qui permettent au merveilleux d’exister vraiment.

Il y a un piège, et autant te le dire doucement : c’est l’abstraction excessive.

Quand tout devient nuage, quand le songe prend toute la place, le lecteur peut décrocher. Non pas parce que ton univers est trop beau, mais parce qu’il ne trouve plus de sol sous ses pieds.

Le livre pose cela avec justesse : si tu n’offres pas d’ancrage concret, le lecteur se perd. Et « l’autre piège, c’est de t’enfermer dans une beauté qui ne dit rien au-delà de l’esthétique. »

Ce n’est pas une critique. C’est une boussole.

Ton merveilleux a besoin d’une racine, même légère, même presque invisible. Un détail concret, une texture, un geste. Quelque chose qui permette au lecteur d’entrer dans ton monde sans perdre le chemin du retour.

Pense à Gabriel García Márquez, à Lewis Carroll, à Neil Gaiman, ces Songeurs célèbres dont parle le livre. Leurs univers flottent, oui. Mais ils sont aussi ancrés dans des présences très précises, une chambre qui sent le tabac froid, une porte qui grince, une tasse de thé renversée.

Ce sont ces détails qui permettent au merveilleux d’exister vraiment.

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Comment écrire depuis ton état d'esprit de Songeur

Voici ce qui peut t’aider, pas comme une règle, plutôt comme une invitation. Commence par observer avant d’écrire – Prends cinq minutes, sans écran, sans agenda. Regarde quelque chose de simple, une plante, une fenêtre, la lumière sur un mur, et laisse-toi glisser dans cet entre-deux que tu connais si bien. C’est là que ton écriture vit. Note les images qui viennent, sans les expliquer – Un nuage qui ressemble à un souvenir. Une ombre sur le sol qui a la forme d’un oiseau.

Pas besoin de savoir encore ce que c’est. Laisse juste entrer. Puis glisse un détail réel dans ton univers – Une sensation physique, une couleur précise, un son. Ce sera le fil que ton lecteur pourra tenir. Le livre propose un défi simple et magnifique : prends un souvenir ordinaire, décris-le fidèlement, puis réécris-le en y introduisant un élément irréel ou magique. Un détail qui dérape, un symbole qui prend vie. Et observe comment ce glissement transforme tout.

Voici ce qui peut t’aider, pas comme une règle, plutôt comme une invitation.

Commence par observer avant d’écrire – Prends cinq minutes, sans écran, sans agenda. Regarde quelque chose de simple, une plante, une fenêtre, la lumière sur un mur, et laisse-toi glisser dans cet entre-deux que tu connais si bien. C’est là que ton écriture vit.

Note les images qui viennent, sans les expliquer – Un nuage qui ressemble à un souvenir. Une ombre sur le sol qui a la forme d’un oiseau. Pas besoin de savoir encore ce que c’est. Laisse juste entrer.

Puis glisse un détail réel dans ton univers – Une sensation physique, une couleur précise, un son. Ce sera le fil que ton lecteur pourra tenir.

Le livre propose un défi simple et magnifique : prends un souvenir ordinaire, décris-le fidèlement, puis réécris-le en y introduisant un élément irréel ou magique. Un détail qui dérape, un symbole qui prend vie.

Et observe comment ce glissement transforme tout.

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Tu n'écris pas à côté de la vie, tu la vois autrement

Il y a quelque chose que j’ai envie de te dire, à toi qui as parfois l’impression d’être trop dans les nuages, trop dans le songe, pas assez ancré dans le concret des autres. Ton regard enchanté, comme le dit le livre, « transforme les choses simples en poésie. » C’est cette vision qui nourrit ton art. Tu n’es pas en dehors du monde. Tu es dans un

monde légèrement décalé, légèrement plus grand, où les choses ont une deuxième vie, un second souffle, un murmure qu’elles ne font qu’à ceux qui savent écouter. Et c’est précisément ce que tes lecteurs cherchent en toi. Pas la réalité telle qu’elle est. La réalité telle qu’elle pourrait être, si on la regardait avec des yeux moins pressés.

Il y a quelque chose que j’ai envie de te dire, à toi qui as parfois l’impression d’être trop dans les nuages, trop dans le songe, pas assez ancré dans le concret des autres.

Ton regard enchanté, comme le dit le livre, « transforme les choses simples en poésie. »

C’est cette vision qui nourrit ton art.

Tu n’es pas en dehors du monde. Tu es dans un monde légèrement décalé, légèrement plus grand, où les choses ont une deuxième vie, un second souffle, un murmure qu’elles ne font qu’à ceux qui savent écouter.

Et c’est précisément ce que tes lecteurs cherchent en toi. Pas la réalité telle qu’elle est. La réalité telle qu’elle pourrait être, si on la regardait avec des yeux moins pressés.

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Une dernière chose

Si tu te reconnais dans ce portrait, si quelque chose ici a flotté doucement jusqu’à toi et s’est posé, tu trouveras peut-être dans Écrivains, 10 façons d’exister un miroir qui ne te surprendra pas, mais qui te reconnaîtra.

écrivains, 10 façons d'exister

✦ Découvre ton archétype d’écrivain et libère ton écriture ! Ce guide pratique exclusif de L’Éditrysse est la ressource de référence pour comprendre la psychologie de l’écrivain et débloquer son potentiel créatif.

Et si tu veux continuer à explorer ce lien entre ton imaginaire et ton écriture, les articles sur les autres familles d’écrivains t’attendent aussi. Peut-être que le Songeur en toi a quelques affinités avec l’Alchimiste, ou avec l’Enchanteur. Les familles sont poreuses, et les ponts entre elles sont souvent les endroits les plus intéressants où s’installer.

Pour l’instant, pose ta tasse. Regarde la lumière.
Laisse entrer.

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